Avocat et parent : comment faire tenir deux agendas dans une seule journée

Vendredi 9 octobre 2026, de 12h30 à 14h, j’ai animé à Paris un déjeuner buffet consacré à la gestion du temps des parents. Organisé par l’ACE – Jeunes Avocats Paris et l’association Les Mômes du Palais, en partenariat avec AppliCab Avocats, il a réuni des consœurs et des confrères autour d’une question que beaucoup se posent : comment tenir un cabinet et une famille sans y laisser sa santé mentale ?

J’ai voulu commercer par un petit calcul. Un avocat exerce – au moins – six métiers : juriste, secrétaire et pré-comptable, responsable de la relation client, DRH, directeur marketing et chef d’entreprise. Un parent en exerce – au moins –  six autres : éducateur, infirmier, médiateur, responsable des approvisionnements, service propreté et conciergerie. Douze métiers pour une seule journée de 24 heures, avec en prime des imprévus qui n’ont jamais lu votre agenda : une fièvre, un coup de fil de l’école, une couche qui déborde.

Comment faire ?  Nous ne pouvons pas rallonger nos journées et ce n’est sans doute pas souhaitable. Mais nous pouvons adopter des habitudes qui vont améliorer ce que nous faisons de notre temps de travail, en voici 5.

1. Accepter que temps, attention et énergie sont limités

Votre temps, votre attention et votre énergie sont des ressources limitées : avant de les optimiser, il faut les observer. Quand êtes-vous le plus efficace ? Le matin ou l’après-midi, en début ou en fin de semaine, selon la période du cycle, l’été ou l’hiver ? Placez vos tâches exigeantes sur vos meilleurs créneaux.

Autre repère : au-delà de 45 à 90 minutes sur une même tâche, la productivité décline. D’où la méthode Pomodoro : 25 minutes de travail, 5 minutes de pause. Observez le moment où vous allez moins vite, o vous faites des erreurs, c’est le moment de faire une pause.

Et gardez en tête que “fait vaut mieux que parfait” : le perfectionnisme c’est bien quand on n’a pas de contrainte temporelle, quand on en a, il faut arbitrer. Explorez ce qui vous stresse, ce qui motive ce perfectionnisme, vous constaterez que c’es bien plus “gros” que ce qui peut arriver réellemnet arriver et encore bien plus “gros” que ce qui arrive vraiment.

2. Prioriser, puis planifier

La matrice d’Eisenhower reste imbattable. Ce qui est urgent et important, on le fait. Ce qui est urgent mais pas important, on le délègue. Ce qui est important mais pas urgent, on le planifie. Le reste, on l’élimine. Dans la pratique, le premier quadrant vit dans une to-do list structurée par dossier et par étape, le deuxième dans un calendrier synchronisé avec votre agenda habituel.

Pour savoir par quoi commencer, appliquez la loi de Laborit : on s’attaque d’abord aux tâches les plus difficiles ou les plus longues. C’est le fameux « Eat that frog » de Brian Tracy. Réservez-leur ensuite un créneau dans l’agenda (le time blocking) et avancez par petites touches régulières. Nous avons détaillé les clés d’une gestion efficace et sereine de son agenda.

3. Protéger son temps de travail

Un chirurgien en plein bloc n’est pas interrompu par une notification ou un appel d’un autre patient. Pourquoi le serait-on en pleine rédaction de conclusions ? Coupez les alertes pendant vos plages de concentration.

Puis définissez vos canaux de communication : par exemple le mail et l’espace client, oui ; WhatsApp et appels impromptus, non. C’est tout l’objet des règles de communication avec vos clients, et un espace client accessible à toute heure évite bien des « où en est mon dossier ? » de dernière minute.

Enfin, apprenez à dire non et à fixer des limites. Pour les rendez-vous, proposez vos créneaux en ligne : quatre créneaux de 30 minutes par jour, c’est déjà 20 créneaux par semaine. C’et bien assez pour répondre aux demandes des clients.

4. Alléger la charge mentale avec des process et des modèles

Garder tout dans sa tête, c’est du brouillard mental. Tout mettre sur papier, ou dans un outil, c’est de la clarté. Pour aller plus loin, identifiez les étapes de vos dossiers : les process transforment vos journées d’avocat, parce que ce que l’on n’a plus à réinventer ne pèse plus dans la tête.

Exemple travaillé pendant le déjeuner, sur 100 prospects par an : avec un process (message type, rendez-vous réservé et réglé en ligne), le temps consacré passe d’environ 33 à 26 heures, et des premiers rendez-vous gratuits deviennent des rendez-vous payants. Même logique pour les situations récurrentes (date de mise en état ou de délibéré, envoi de pièces adverses, facture ou relance) : des messages types prêts à l’emploi, et des formulaires standardisés pour l’état civil, les dates clés et les protagonistes.

5. Déléguer et s’équiper

Déléguer ne se résume pas à recruter. Assistant(e) clerc, collaborateur, standardiste ou assistant(e) pré-compta en free-lance, vacataire : à chacun son rôle, à condition d’avoir des process et des modèles à lui transmettre. Côté équipement, la dictée vocale, les outils d’enregistrement et de compte rendu et l’IA (rédiger à partir de modèles, synthétiser un long rapport d’expertise) font gagner un temps précieux. Lien vers l’article qui propose des cas d’usage de l’IA

Attention toutefois au paradoxe des outils : on est parfois trop occupé pour prendre le temps de s’équiper, comme ces hommes préhistoriques trop pressés pour accepter une roue. Commencez petit, mais commencez.

Mesurer, ajuster, recommencer

Tout cela s’inscrit dans un cycle d’amélioration continue : repérer ce qui vous insatisfait, choisir une méthode et des outils, fixer des objectifs, puis évaluer si cela fonctionne. Faites le point une fois par semaine, et dès qu’un problème apparaît. Mesurer son temps aide à objectiver : c’est l’intérêt du suivi du temps dans AppliCab.

Ce que le collectif apporte

Au-delà des méthodes, ce déjeuner a rappelé une évidence : on avance mieux quand on partage. Échanger sur nos bonnes pratiques, sur celles qu’on ne voudrait voir reproduites par personne, et repartir avec la certitude de ne pas être isolé, quel que soit son mode de parentalité. Les murs couverts de post-its en étaient la preuve.

Merci à l’ACE – Jeunes Avocats Paris, à l’association Les Mômes du Palais, à Laura Mancini, à Manuel Meneghini et à Carole Vercheyre-Grard pour cette organisation, ainsi qu’à toutes les participantes et tous les participants pour la sincérité de leurs échanges.

Et maintenant ?

Vous n’étiez pas là le 9 octobre ? Commencez par dresser la liste de ce que vous voulez bannir de votre quotidien d’avocat, puis voyez comment AppliCab peut vous faire gagner du temps au quotidien.